Retour sur une étude sur les passereaux réalisée dans le cadre de Natura 2000 sur le site du Madres-Coronat en 2025 :

Le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes a confié au Groupe Ornithologique du Roussillon (GOR) la réalisation de l’étude sur ces espèces suivies depuis 2009 sur ce site.
Les premières données sur les passereaux datant d’il y a 16 ans sur le Madres-Coronat, ont ainsi pu être comparées aux plus récentes. Cela permet de comprendre l’évolution du nombre et de présence des espèces (évolution d’occurrence), l’altitudinal et les milieux auxquels on les retrouve (indice de méditerranéité*).

la méthode

La méthodologie est restée semblable à celle de 2009 : des points d’écoute d’une dizaine de minutes et un relevé de l’habitat.

126 points d’écoute ont permis d’enregistrer 2 420 données d’oiseaux et d’identifier 85 espèces d’oiseaux (quasi tous nicheurs sur le territoire). Soulignons qu’environ 50 % des oiseaux nicheurs du massif du Madres-Coronat peuvent être considérés comme étant des espèces patrimoniales*.

les résultats

9 nouvelles espèces ont été enregistrées et 9 espèces auraient disparu, entre les études de 2009 et 2025.
Attention, la méthodologie de cette étude n’est pas favorable pour détecter certaines espèces, les analyses de ces dernières sont donc à relativiser. Néanmoins, une diversification du cortège avifaune est à mettre en avant.

Les grandes tendances qui ressortent de cette étude sont, la baisse des espèces des milieux ouverts (plusieurs espèces d’intérêt communautaire) et à l’inverse une hausse des espèces forestières (espèces avec peu d’enjeux de conservation). À cela s’ajoute le facteur climatique (indice de méditerranéité : +15,95% entre 2009 et 2025), avec l’arrivée de nouvelles espèces sur des altitudes plus hautes. Une mise en garde est énoncée sur l’avenir de l’Accenteur alpin, qui pourrait disparaître du massif du Madres, comme le Lagopède alpin, il y a déjà quelques décennies.

À noter que la Fauvette pitchou est en augmentation sur le territoire depuis ces 15 dernières années, ce qui va à l’encontre des données nationales. Mais, pour le Bruant Ortolan, la Pie-grièche écorcheur ou encore l’Alouette lulu, les populations diminuent sur le Madres-Coronat.

En complément, le GOR propose une série d’actions sur les habitats favorables aux espèces. La chargée de mission Natura 2000 du site du Madres-Coronat pourra suivre ces recommandations.

A suivre !

Retrouvez le rapport de l’étude complet sur notre centre de ressources ici.

* Espèces patrimoniales : Les espèces patrimoniales sont l’ensemble des espèces protégées, des espèces menacées (liste rouge) et des espèces rares, ainsi que (parfois) des espèces ayant un intérêt scientifique ou symbolique.
Le statut d’espèce patrimoniale n’est pas un statut légal. Il s’agit d’espèces que les scientifiques et les conservateurs estiment importantes d’un point de vue patrimonial, que ce soient pour des raisons écologiques, scientifiques ou culturelles.

* l’indice de méditérranéité « C’est une augmentation qui révèle donc une « méditéranéisation » du cortège avifaunistique, avec des espèces septentrionales, aux affinités tempérées, voire boréales qui régressent (Tarier des prés, Alouette des champs, Bruant jaune, Pie-grièche écorcheur) au profit d’espèces plus méridionales qui augmentent ou s’installent sur le site[…] Le changement climatique est sans doute le principal facteur de ce phénomène, avec des hivers de moins en moins rigoureux et des fins de printemps et étés de plus en plus chauds et secs. Les récentes canicules précoces sont susceptibles d’avoir un effet particulièrement marqué sur les soulanes les plus exposées du massif. »

Grosso modo, l’indice de méditérranéité est lié au dérèglement climatique. Les espèces méditerranéenne montent en altitude, car évolution du climat en altitude avec un potentiel changement des milieux.

Pic mar ©J.Dalmau_GOR
Fauvette passerinette ©J. Dalmau _GOR
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