Dès que le printemps pointe le bout de son nez, la montagne s’éveille doucement. Alors qu’en altitude la neige résiste encore aux premiers rayons du soleil, un spectacle fascinant commence dans les forêts pyrénéennes, la saison des amours pour le Grand Tétras : chants, parades nuptiales et combats d’intimidation rythment cette période.

Un Grand Tétras en parade © PNR PC

Le Grand Tétras, aussi appelé coq de bruyère, est le plus grand galliforme d’Europe. Le mâle, reconnaissable à son plumage sombre aux reflets bleu métallique, à ses sourcils rouge vif au-dessus des yeux et à une longue queue. Plus discrète, la femelle arbore des teintes brunes qui lui permettent de se camoufler facilement dans la végétation.

Cette espèce vit principalement dans les forêts de conifères et les hêtraies-sapinières de montagne, sur notre territoire c’est majoritairement dans les forêts de Pins à crochet. Très sensible aux dérangements, le Grand Tétras a besoin de vastes espaces calmes et préservés pour se nourrir, se reproduire et élever les jeunes.

Le temps des parades

Au printemps, les mâles se retrouvent sur des « places de chant », des zones bien précises où ils paradent pour séduire les femelles. Dès l’aube, ils émettent une série de sons caractéristiques et adoptent une démarche fière et spectaculaire : poitrine bombée, ailes basses et queue déployée en éventail.

Une espèce fragile

Malgré son caractère majestueux, le Grand Tétras reste une espèce vulnérable, classé « en danger » sur la Liste rouge régionale des oiseaux nicheurs d’Occitanie. Dans les Pyrénées, ses effectifs ont chuté de près de 80 % depuis 1960. Pourtant, cette espèce ne bénéficie pas de statut de protection à l’heure actuelle. Depuis 2022, un arrêté ministériel suspend la chasse du Grand Tétras en France métropolitaine et ceux pour 5 ans (obligations du droit de protection de la nature en France et en Europe), alors que du côté pyrénéen espagnol, la pratique cynégétique sur le Grand Tétras est interdite depuis plus de 45 ans. En 2026, le gouvernement français étudie la possibilité d’inscrire ce galliforme sur la liste nationale des espèces protégées.

Une cohabitation difficile avec les activités anthropiques

Les activités récréatives de montagne peuvent avoir une incidence sur la prospérité de l’espèce. Nous pouvons mettre en avant la mortalité par accident (collision avec des câbles ou clôtures), les dérangements, la disparition, le morcellement ou la modification de leur habitat. En hiver par exemple, avec le développement des sports de glisse (en station ou en hors-sentier/hors-piste) et en été avec la randonnée, le trail ou encore le VTT. Ces perturbations arrivent à un moment où l’espèce est très vulnérable (l’hivernage et la reproduction).

Les actions menées par le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes

Afin de préserver cette espèce emblématique, de nombreuses actions sont mises en place par le Parc naturel régional et ses partenaires locaux.

Parmi elles :

L’équipe en route pour une place de chant © PNR PC
  • le suivi des places de chant afin d’observer l’évolution des populations ;
  • les relevés génétiques réalisés à partir de crottes et de plumes pour mieux connaître la répartition des individus sur le massif Pyrénéen, coordonnés par l’Observatoire des Galliformes de Montagne, les indices sont récoltés sur le terrain par différents acteurs (Office français de la biodiversité, Office national des forêts, Parcs naturels régionaux…) ;
  • les comptages au chien d’arrêt permettant d’estimer les effectifs de reproduction annuels ;
  • l’installation de visualisateurS sur les câbles et fils en montagne afin de limiter les collisions ;
  • les actions de sensibilisation auprès du grand public pour encourager des pratiques respectueuses et éviter le dérangement de l’espèce.

Préservons et respectons la tranquillité de l’espèce

Il y a quelques jours, sur notre territoire, en Capcir, un coq est entré en collision avec des câbles de stations de ski, entraînant sa mort. Si les stations peuvent équiper leurs câbles de visualisateurs pour limiter les collisions et ce type d’accident, nous, pratiquants de la montagne, nous pouvons diminuer le dérangement de cette espèce en restant sur les sentiers balisés et en tenant nos chiens en laisse, par exemple.

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