Un oiseau emblématique de nos montagnes pyrénéennes
Disparu de notre territoire, le Gypaète barbu se réinstalle progressivement dans nos massifs. Surnommé le « casseur d’os », ce grand rapace mesure entre 110 et 150 cm d’envergure pour un poids de 5 à 7 kg. Il se nourrit principalement de restes osseux, d’extrémités de pattes, d’os, de ligaments et de tendons qu’il prélève sur les carcasses d’ongulés sauvages ou de bétail morts en montagne, dans les milieux ouverts.
Naturellement blanc, le Gypaète barbu prend sa couleur orangée en se baignant dans des sources ou des boues ferrugineuses. Son plumage se charge alors en oxyde de fer, ce qui lui donne cette teinte caractéristique.
Les couples nichent sur les falaises. Ils occupent des sites appelés « aires », où ils aménagent un nid. Ils y couvent leur jeune puis l’élèvent jusqu’à son envol. D’une année à l’autre, ils reviennent généralement sur les mêmes aires.
Un suivi de près
La Ligue pour la protection des oiseaux Aquitaine (LPO) coordonne le suivi de la reproduction de l’espèce à l’échelle des Pyrénées. Dans le département, CerCa Nature, la Fédération des réserves naturelles catalanes, l’Office français de la biodiversité, l’Office national des forêts, des bénévoles et le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes assurent ce suivi.

Dès le 1er novembre, les observateurs rendent visite à chaque couple toutes les semaines ou tous les dix jours. Ils notent leurs activités et leurs comportements.
Ce suivi permet de connaître le nombre de jeunes qui prennent leur envol chaque année. Les équipes observent et enregistrent l’aménagement du nid, l’occupation de l’aire, les accouplements, la couvaison, l’éclosion et le nourrissage du jeune.
Le suivi d’un couple s’arrête en cas d’échec, lorsqu’il n’y a pas de ponte ou lorsque le jeune meurt. Il prend également fin lorsque le jeune s’envole, généralement en juin ou en juillet.
Une protection indispensable
Depuis 1984, plusieurs mesures de conservation favorisent le retour durable du Gypaète barbu sur le territoire.
Ce vautour reste particulièrement sensible au dérangement. Les câbles aériens, les travaux mécanisés, le survol aérien, la chasse, l’intoxication au plomb ou encore les activités de pleine nature peuvent compromettre sa reproduction.
Les échecs avant ou après l’éclosion restent fréquents. Les pontes de remplacement, c’est-à-dire une seconde ponte au cours de la même saison de reproduction, demeurent rares. En raison du faible effectif de l’espèce, la survie de chaque individu et l’envol de chaque jeune sont essentiels.
Cette année, sur le territoire du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, un seul des sept couples présents a mené son jeune jusqu’à l’envol.
À l’échelle des Pyrénées, les résultats confirment une mauvaise année de reproduction. En avril, seuls 17 poussins ont éclos, contre 29 en 2025. Les conditions météorologiques pourraient expliquer en partie ces mauvais résultats observés sur l’ensemble de la chaîne.
Plus que jamais, il est indispensable de préserver le Gypaète barbu et d’éviter toute perturbation de son cycle de reproduction.


